Les riches s’enrichissent, ça change quoi pour nous?

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Cette semaine, je vous propose une vidéo qui fait la démonstration que les inégalités nuisent à tout le monde, y compris aux plus riches dans nos sociétés. Cette capsule vidéo s’intitule «Comment les inégalités économiques nuisent aux sociétés».

Le présentateur s’appelle Richard Wilkinson. Il est chercheur sur les inégalités sociales en santé. Il est aussi professeur émérite en épidémiologie sociale de l’Université de Nottingham en Angleterre. Il est aussi professeur honoraire au University College London et professeur invité à l’University of York.

Que se passerait-il si nous réduisions les inégalités? Une plus grande égalité fait plus de différence dans le bas de l’échelle sociale, mais a quelques avantages, même au sommet!

Richard Wilkinson, comment les inégalités économiques nuisent aux sociétés

Voici les thèmes traités dans cette vidéo avec, entre parenthèses, un compteur en minutes et secondes indiquant le moment où chaque thème est abordé dans la vidéo:

  • Rien de surprenant: lorsqu’on compare les pays riches, il n’y a pas de relation apparente entre l’espérance de vie et le revenu par habitant. Par contre, au sein de chacun de ces pays, les plus riches bénéficient clairement d’une espérance de vie plus longue. (0:53)
  • Que se passerait-il si nous réduisions les inégalités? (2:07)
  • Mesure des inégalités: combien de fois les 20% les plus riches sont plus riches que les 20% les plus pauvres? (2:29)
  • Des indicateurs des problèmes les plus fréquents chez les plus pauvres: (3:14)
    • l’espérance de vie,
    • les résultats scolaires des enfants,
    • le taux de mortalité infantile,
    • le taux d’homicides,
    • la proportion de la population en prison,
    • le taux de natalité chez les adolescentes,
    • les niveaux de confiance,
    • l’obésité,
    • les maladies mentales,
    • la toxicomanie,
    • l’alcoolisme,
    • la mobilité sociale.
  • Les pays les plus inégalitaires engendrent davantage de problèmes sociaux. (3:55)
  • L’indice UNICEF du bien-être des enfants combine 40 composantes différentes. Par exemple, il prend en compte si les enfants peuvent parler à leurs parents, s’ils ont des livres à la maison, à quoi ressemblent les taux de vaccination et s’il y a de l’intimidation à l’école. (4:24)
  • Les pays pour lesquels l’indice UNICEF du bien-être des enfants offre les pires résultats sont aussi les pays les plus inégalitaires. (4:49)
  • Le bien-être moyen des pays riches ne dépend plus du revenu national et de la croissance économique. Par contre, les inégalités dans les pays riches affectent le bien-être moyen des gens. (5:12)
  • La confiance des gens les uns envers les autres est nettement plus grande dans les pays où les inégalités sont les plus faibles. Les données proviennent de la World values survey. (5:31)
  • Quelle est la relation avec les inégalités au sein des 50 États qui composent les États-Unis? (6:07)
  • Les pays les plus inégalitaires engendrent davantage de maladies mentales. (6:47)
  • Les États américains et les provinces canadiennes où les écarts de richesse sont les plus grands sont aussi ceux où la violence est la plus importante. (7:19)
  • Plus un pays est inégalitaire, plus il envoie une grande proportion de sa population en prison. (7:36)
  • Le décrochage scolaire est plus important dans les sociétés les plus inégales. (8:05)
  • Naître de parents pauvres et grimper tout de même l’échelle sociale est plus facile dans les sociétés les plus égalitaires. (8:18)
  • Ceux qui veulent vivre le «rêve américain» devraient aller au Danemark. (8:53)
  • Un dysfonctionnement social général est liés à l’inégalité. (9:53)
  • En Suède et au Japon, les femmes restent proches de la famille nucléaire. Ces deux pays sont parmi les plus égalitaires. (10:11)
  • Comment les pays réduisent les inégalités? Parmi les sociétés les moins inégales, celles où les écarts de revenus sont les plus grands ont aussi les taux d’imposition les plus importants, comme par exemple la Suède. Par contre, celles où les écarts de revenus sont les plus faibles ont des taux d’imposition plus faibles aussi, comme par exemple le Japon. (10:18)
  • Ce ne sont pas seulement les pauvres qui sont touchés par les inégalités. Par exemple, le taux de mortalité infantile est plus faible en Suède et ce, quelle que soit la classe sociale, même chez les plus riches. (11:09)

Une plus grande égalité fait plus de différence dans le bas de l’échelle sociale, mais a quelques avantages, même au sommet!

  • Les effets psychosociauxde l’inégalité: (12:50)
    • sentiments de supériorité et d’infériorité,
    • importance d’être valorisé et dévalorisé, respecté et méprisé,
    • sentiments de concurrence de statut,
    • insécurité du statut,
    • inquiétudes sur la façon dont nous sommes jugés et vus par les autres, si nous sommes considérés comme attirants, intelligents, tout ce genre de chose,
    • augmentation des jugements sociaux-évaluatifs,
    • crainte de ces jugements sociaux-évaluatifs.
  • Il y a plus de 200 études de la santé par rapport au revenu et à l’égalité dans les revues professionnelles. (14:51)

Ce qu’il faut faire

    • il faut contraindre les revenus des plus riches, surtout la culture des bonus
    • les patrons doivent être rendus responsables de leurs employés d’une quelconque façon
    • en gros, nous devons améliorer la qualité réelle de la vie humaine en réduisant les écarts de revenus

À combien étaient imposés les plus riches lorsque l’économie allait bien?

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Les taux d’imposition durant la période qui s’étend de la fin de la Seconde guerre mondiale au début des années 1980 étaient si élevés en comparaison à ceux d’aujourd’hui que la majorité des gens s’étonnent devant les chiffres:

  • Aux États-Unis, la tranche supérieure des revenus des plus riches était imposée à 91 % jusqu’en 1964.
  • Au Royaume-Uni, ce taux s’élevait à 83 % lorsque Margaret Thatcher est arrivée au pouvoir en 1979.
  • En France, les plus riches payaient entre 60 et 80 % d’impôt sur la tranche supérieure de leurs revenus durant toute la période de l’après-guerre.
  • Au Canada, le taux le plus élevé, qui atteignait 46 % dans les années 1970, est aujourd’hui à 29 %. Le vent a tourné dans les années 1980 avec le gouvernement conservateur de Brian Mulroney. Les niveaux d’imposition sont passé de dix à trois (il y en a quatre aujourd’hui).

De nos jours, ces pays ont abaissé leur taux maximal d’imposition autour de 35 à 40%. En conséquence, les riches sont de plus en plus riches et les pauvres sont de plus en plus nombreux car les gouvernements ont de moins en moins à leur offrir.

Le graphique suivant nous présente l’évolution du taux d’imposition aux États-Unis depuis le début du 20e siècle:

Avant la crise de 1929, les taux étaient très bas. Jusque vers les années 1980, les taux étaient plus élevés. Depuis, ils sont à la baisse.

Traduction libre:

  • Highest tax bracket: la plus haute tranche de revenus
  • Lowest tax bracket: la plus basse tranche de revenus
  • World war I: Première guerre mondiale. Trois hausses de taxes sont imposées pour répondre aux besoins en temps de guerre.
  • Economic boom of the 1920s: Boom économique des années 1920. Le Congrès américain coupe les taxes à cinq reprises.
  • The Revenue Act of 1932: La Loi sur le revenu de 1932. Les taux d’imposition sont majorés considérablement pour faire face à l’énorme déficit budgétaire causé par la Grande dépression. [L’impôt sur les plus hauts revenus passe de 25 à 63 %.]
  • World war II: Deuxième guerre mondiale. Une hausse de taxes en 1944 amène le taux d’imposition des plus hauts revenus à 94%, un sommet historique [un tel taux d’imposition s’apparente à un plafond salarial et un plafond sur les revenus].
  • 1964 rate cut: Baisse de taux en 1964. Le président Johnson signe une mesure proposée par le président Kennedy pour stimuler l’économie [comme quoi l’idée (pas toujours vraie) qu’une baisse d’impôt stimule l’économie ne date pas d’hier].
  • [1981: Premère baisse d’impôt de Reagan]
  • Tax reform act of 1986: Loi de réforme de la taxation de 1986. Cette simplification majeure de la taxation élargit la base des impôts et abaisse les taux d’imposition [Deuxième baisse d’impôt de Reagan].
  • 2001 tax cut: Coupure de taxes en 2001. Le président Bush remplit sa promesse de rendre aux payeurs de taxes les surplus budgétaires prévus, sous la forme de réduction d’impôts.

Le taux d’imposition, les inégalités et les crises économiques

Les écarts étaient élevés avant 1929 et après 1980

Part des revenus des 1% les plus riches aux États-Unis entre 1913 et 2008

La semaine dernière, je vous ai présenté un graphique, ici reproduit en petite taille, qui répondait à la question «Les plus riches ont-ils toujours été aussi riches?». Ce graphique, lorsque comparé à celui sur l’évolution du taux d’imposition, nous montre que les inégalités sont les plus importantes lorsque les taux d’imposition des plus riches sont au plus bas.

Autrement dit, la croissance des inégalités est liée à la baisse du taux d’imposition. Ainsi, taxer davantage les riches contribuerait à réduire les inégalités.

De plus, il s’avère que la Grande dépression de 1929 et la Grande récession de 2008 se sont produites lorsque les taux d’imposition des plus riches étaient à leur plus bas. Et au contraire, les taux d’imposition étaient historiquement élevés durant la longue période de prospérité des années 1945 à 1980.

Croyez-vous que la redistribution de la richesse soit liée à la prospérité économique? Les affirmations suivantes sont-elles valables selon vous?

  • L’accroissement des inégalités nuit à la croissance économique.
  • Taxer davantage les plus riches pourrait contribuer à relancer l’économie.

Les plus riches ont-ils toujours été aussi riches?

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Les inégalités au début du 20e siècle étaient comparables à celles du début des années 2000

Jusqu'en 1941 les inégalités étaient comparables à celles de 2008. Entre 1943 et 1987, les inégalités étaient significativement plus faibles.

Part des revenus des 1% les plus riches aux États-Unis entre 1913 et 2008

Avant la Grande dépression et le krach de 1929, les inégalités avaient atteint des sommets comparables à ceux qu’on retrouve de nos jours. Suite à la Grande dépression, un taux de chômage élevé s’était installé dans plusieurs pays, entraînant une grande proportion de la population vers les soupes populaires. Ce n’est qu’après plusieurs années de stagnation économique que des mesures ont été prises par les gouvernements afin de mieux répartir la richesse. Ces mesures ont permis la relance de la consommation, qui a fait repartir l’économie.

Le graphique précédent présente l’évolution des écarts de richesse aux États-Unis au cours de cent dernières années.

Le retour des fortes inégalités. Pourquoi?

De nos jours, l’idéologie qui a ramené les écarts de richesse grandissants a été appelée le «néolibéralisme». Cette manière de penser s’est développée dans nos sociétés depuis la fin des années 1970. Elle s’est implantée d’abord dans les pays anglo-saxons, avec les élections de Ronald Reagan aux États-Unis, de Brian Mulroney au Canada et de Margaret Thatcher en Grande Bretagne, tous élus vers le début des années 1980. Les effets du néolibéralisme se font maintenant sentir dans la plupart des pays de la planète.

Pourquoi le néolibéralisme est-il appelé ainsi?

C’est bien simple. Dans les années 1920, l’idéologie dominante était le «libéralisme». Le néolibéralisme n’est qu’une nouvelle variation de cette même manière de penser qui prévalait au début du 20e siècle et qui a entraîné la crise de 1929.

Le retour des inégalités expliqué par Paul Krugman en français

En 2003, un éditorial fort instructif sur ce sujet est paru dans le New York Times (en anglais). L’article a été traduit en français dans l’hebdomadaire Courrier International sous le titre de «Main basse sur l’Amérique». L’accès à l’article étant réservé aux abonnés sur le site du courriel International, vous pourrez en consulter des extraits ici et ici.

On ne peut comprendre ce qui se passe actuellement aux États-Unis sans saisir la portée, les causes et les conséquences de la très forte aggravation des inégalités qui a lieu depuis trente ans, et en particulier l’incroyable concentration des revenus et des richesses entre quelques mains. – Paul Krugman

Trois époques: Le libéralisme, l’État providence et le néo-libéralisme

Le libéralisme: 1865-1941 L’État providence: 1945-1980 Le néo-libéralisme: 1980-
Immenses écarts de revenus et de richesses Société de classes moyennes Immenses écarts de revenus et de richesses
Les riches formaient une caste des bâtisseurs de palais et des propriétaires de yachts. Ils pouvaient se permettre d’employer les armées de domestiques nécessaires à l’entretien d’une maison de la taille d’un château européen. Les familles aisées vivaient dans des maisons à deux étages, avaient une femme de ménage qui venait une fois par semaine et passaient leurs vacances d’été en Europe. Mais, comme tout le monde, ces gens mettaient leurs enfants à l’école publique et prenaient eux-mêmes le volant pour se rendre au travail. Les yachts sont de retour. Les palais aussi. Ces résidences occupent une superficie de 2000 à 6000 mètres carrés. Les plus grandes sont à peine plus petites que la Maison-Blanche.
Une société dans laquelle un petit nombre d’individus immensément fortunés contrôlaient une grande part de la richesse. La forte progression des revenus durant les trente années qui ont suivi 1945 a été largement répartie au sein de la population. Une minorité forme une oligarchie que certains appellent les «ultra-riches».
Les grands patrons gagnent environ 1000 fois le salaire moyen. Les grands patrons gagnent 39 fois le salaire moyen. Les grands patrons gagnent plus de 1000 fois le salaire moyen.

Le surendettement des pays très bien expliqué en dix minutes

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Je vous présente aujourd’hui une excellente capsule vidéo placée sur YouTube à la fin du mois de septembre. Cette vidéo vulgarise le fonctionnement de la monnaie, des banques centrales et des banques commerciales (privées) et surtout, elle traite de la question de l’endettement et du surendettement public.

Traite de l'endettement et du surendettement des États

Version anglaise

Cliquez ici pour visionner une version avec sous-titres en anglais de cette capsule vidéo.

Questions sur l’endettement et le surendettement

Cette capsule vidéo répond à plusieurs questions:

  • Pourquoi la dette publique mondiale (dettes des États) a explosé depuis les années 1970?
  • Pourquoi les privatisations et les plans d’austérité ne peuvent pas régler les problèmes du surendettement public?
  • Comment expliquer qu’autant de pays soient surendettés?
  • Comment la monnaie est-elle créée?
  • Qui peut créer de la monnaie? Qui imprime l’argent?
  • Qu’est-ce que la monnaie centrale?
  • D’où provient l’argent prêtée par la banques privées?
  • Qu’est-ce que la création monétaire par le crédit?
  • Pourquoi le recours à la planche à billet (imprimer de l’argent) peut provoquer de l’inflation?
  • Pourquoi les États doivent emprunter sur les marchés financiers?
  • Y a-t-il une limite à la quantité d’argent que peut créer une banque commerciale?
  • Pourquoi la totalité de l’argent en circulation provient du crédit accordé par les banques privées?
  • Qu’est-ce que la monnaie scripturale? C’est la monnaie issue du crédit.
  • Pourquoi l’économie, dans son état actuel, ne peut fonctionner sans endettement?
  • Pourquoi des intérêts sur la dette doivent être payés indéfiniment aux financiers, aux créanciers et aux banques privées?
  • Combien d’intérêt sur sa dette la France a-t-elle payés depuis qu’elle a commencé à emprunter en 1973? 1 408 milliards d’Euros.
  • À combien s’élève la dette française (la dette de la France)? 1 591 milliards d’Euros.
  • De combien a augmenté la dette française depuis 1973? 1 348 milliards d’Euros.
  • Pourquoi ce sont les intérêts sur la dette qui composent la dette?
  • Comment se compare la dette publique française à la dette des entreprises commerciales en France?
  • Pourquoi plusieurs pays de la planète doivent faire des emprunts et payer des intérêts pour faire fonctionner leur économie?
  • Pourquoi les intérêts ne peuvent être remboursés qu’en contractant davantage de dettes?
  • Pourquoi la dette se nourrit d’elle-même?
  • Pourquoi la dette publique n’est pas causée par une mauvaise gestion de l’État?
  • Pourquoi la dette publique n’est pas causée par un manque de compétitivité?
  • Pourquoi, dans le système actuel, il est mathématiquement impossible de rembourser l’ensemble des dettes publiques et privées?
  • Pourquoi seules les banques centrales peuvent agir pour réduire le surendettement?
  • Qui profite de l’endettement public? Les grandes banques et leurs financiers.

Cette vidéo est-elle crédible?

D’abord, je vous invite à visionner une autre vidéo dans laquelle Éric Pineault, professeur de socioéconomie à l’UQAM, traite plus ou moins des mêmes questions mais, sous un angle différent.

Également, le site sur lequel cette vidéo a été présentée propose plusieurs références pour appuyer ses propos dont Wikipedia et le Monde diplomatique.

Qui a produit cette vidéo?

Cette capsule vidéo a été publiée sur le site de MrQuelquesMinutes: www.mrquelquesminutes.fr. La page «Contact» du site invite à envoyer un courriel au gestionnaire du site qui, vraisemblablement, souhaite rester anonyme.

Infographies: salaires et autres revenus des banquiers en France

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DEXIA

Salaires et avantages des banquiers en France avec leurs photos

Rémunération de Pierre Mariani, Président du comité de direction de Dexia

Pierre Mariani, Président du comité de direction
Rémunération fixe: 1 200 000 euros*
Rémunération variable: 600 000 euros*
Jetons de présence: 0 euro
Avantages en nature et autres: 9 411 euros
Total: 1 809 411 euros
* dont 200 000 euros de prime de fonction
** dont 40 % différés et sous condition

SOCIÉTÉ GÉNÉRALE

Salaires et avantages des banquiers en France avec leurs photos

Remuneration de Frédéric Oudea, Président directeur général de la Société générale

Frédéric Oudéa, Président directeur général
Rémunération fixe: 850 000 euros
Rémunération variable: 3 200 000 euros*
Jetons de présence: 0 euro
Avantages en nature et autres: 300 000 euros**
Total: 4 350 000 euros
* dont 81% différés et sous condition de performance sur la base d’une action à 45 euros
** au titre de la rupture de son contrat de travail en 2008

CRÉDIT AGRICOLE

Salaires et avantages des banquiers en France avec leurs photos

Rémunération Jean-Paul Chifflet, Directeur général du Crédit agricole

Jean-Paul Chifflet, Directeur général (à partir du 1er mars 2010)
Rémunération fixe: 750 000 euros
Rémunération variable: 916 000 euros*
Jetons de présence: 51 000 euro
Avantages en nature et autres: 88 731 euros**
Total: 1 805 731 euros
* dont 550 000 euros différés et sous condition performance
** comprend des indemnités pour un logement de fonction

BNP PARIBAS

Salaires et avantages des banquiers en France avec leurs photos

Rémunération de Baudouin Prot, Directeur général de BNP Paribas

Baudouin Prot, Directeur général
Rémunération fixe: 950 000 euros
Rémunération variable: 1 674 053 euros*
Jetons de présence: 84 907 euro
Avantages en nature et autres: 4 055 euros
Total: 2 713 015 euros
* dont 60 % de différés

Si nous sommes les 99% alors qui sont les 1%?

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Croissance du revenu des 99 % et des 1 %

Quels sont les revenus des 99 % en comparaison avec le 1%?

Comment ces revenus ont-ils évolué depuis que le courant de pensée néolibérale s’est implanté au début des années 1980?

Voici un graphique qui illustre à quel point les revenus du 1 % ont augmenté relativement au 99 %:

Graphique des données statistiques sur la croissance des inégalités

Croissance cumulative du revenu moyen après impôts, par tranche de revenu (pourcentage de changement du revenu depuis 1979, ajusté à l'inflation)

  • « Top 1 percent »: la croissance du revenu après impôt des 1 % les plus riches s’écarte considérablement du 99 % restant.
  • La courbe « 81st to 99th Percentiles » représente les 20 % les plus riches, desquels ont été exclus les 1 % les plus riches. Remarquez que la croissance des revenus des 20 % les plus riches reste somme toute modeste en comparaison de celle des 1 % les plus riches.
  • La courbe « 21st to 80th Percentiles » correspond à la majorité de la population. La courbe exclut les 20 % les plus pauvres et les 20 % les plus riches.
  • Enfin, le « Lowest Quintile » montre que les 20 % les plus pauvres sont aussi ceux qui ont vu leur revenu bénéficier de la plus faible croissance.

Les données statistiques de ce graphique sur les inégalités ont été compilées par le bureau du Budget du Congrès américain. Les bandes verticales grises représentent les périodes de récession aux États-Unis.

Répartition des revenus: tout va au 1 %

Le graphique précédent illustre que les 1 % des plus riches parmi la population ont bénéficié d’une croissance importante de leurs revenus en comparaison à la classe moyenne et aux plus pauvres. Trente ans plus tard, comment la répartition de la richesse a-t-elle changée?

Le graphique suivant illustre parfaitement les perdants et les gagnants des 30 années de politiques néolibérales:

Graphique des statistiques de la richesse des 99 % face aux 1 %

Changement dans la répartition de la part des revenus à l'ère néolibérale: 1979-2007

  • « Top 1% »: les 1 % les plus riches ont augmenté leur part des revenus d’environ 10 % au cours des 30 dernières années
  • « 81st to 99th »: les 20 % les plus riches, en excluant les 1 %, ont maintenu leur part de revenu. Ce sont les américains les plus éduqués.
  • « Bottom 80 »: les 80 % qui bénéficient des revenus les plus faibles ont perdu environ 10 % de la part des revenus qui leur revenait à la fin des années 1970.

Conclusion: une petite minorité (1 %) s’est accaparé environ 10 % des revenus du pays au détriment de 80 % de la population. Pire encore, le graphique suivant montre qu’en fait, ce sont 0,1 % de la population qui se sont appropriés la plupart des revenus!

Les plus riches parmi les plus riches

Comme nous venons de le voir, ce ne sont pas les 20 % les plus riches qui créent les inégalités. Il s’agit plutôt des 1 %. Ou peut-être s’agit-il d’une minorité parmi ces 1 %? Pour le savoir, il faut se demander comment sont distribués les revenus et la richesse au sein des 1 % les plus riches?

Le graphique suivant porte sur les 1 % les plus riches. Il montre que les 1 % des plus riches parmi les plus riches captent, à eux seuls, la moitié de toute la richesse captée par les 1 % les plus riches! Donc, 0,01 % reçoit autant que les 99 à 99,9 %. Ok, vous en conviendrez avec moi, cela n’est pas facile à décrire en mots alors, voici le graphique:

Graphique de la part des revenus parmi les 1 % les plus riches

Répartition des revenus chez les 1 % les plus riches: la part des revenus des 0,1 % des plus riches versus la part des revenus des 99,0 à 99,9 % des plus riches

Ainsi, la croissance des inégalités est issue essentiellement d’une minorité qui forme une oligarchie que certains appellent les «ultra-riches». Lorsque les indignés clament «Nous sommes les 99 %», ils ne visent pas assez haut. En fait, ils devraient plutôt dire «Nous sommes les 99,9 %»!

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Addendum

En 1998, les revenus minimaux des 1%, des 0,1% et des 0,01% aux États-Unis:

  • Le 1 % le plus riche gagnait plus de 230 000 dollars en revenus annuels.
  • Le 0,1 % le plus riches bénéficiait de revenus annuels supérieurs à 790 000 dollars.
  • 13 000 foyers seulement, faisant partie du 0,01 % des contribuables, disposent d’un revenu annuel de 17 millions de dollars en moyenne.