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Des prostituées, représentants des gouvernements de pays du Sud, offrent leurs services à rabais aux entreprises…durant la nouvelle ère du libre-échange
Les pays sont en compétition pour attirer les entreprises
– Mexique: Vous pourrez polluer l’environnement
– Chine: Je ne coute pas cher et j’ai seulement 13 ans
– États-Unis: Je ferai n’importe quoi. SVP… j’ai besoin des emplois!
Au centre, l’homme au cigare représente les entreprises multinationales

Après la Seconde Guerre mondiale, un équilibre des pouvoirs s’était instauré entre les gouvernements, les entreprises et les travailleurs. Lorsque les entreprises faisaient de gros bénéfices, les syndicats en profitaient pour demander de meilleures conditions pour les travailleurs. De même, avec la croissance économique, les gouvernements imposaient des normes environnementales et sociales plus strictes. Bien sûr, les entreprises cherchaient toujours à augmenter leur productivité et à réduire leurs coûts. Les gouvernements, les entreprises et les travailleurs jouaient alors sur le même terrain, c’est-à-dire à l’intérieur des frontières de chaque pays.

Avec les traités de libre-échange, la balance du pouvoir a changé en faveur des grandes entreprises. Ces dernières peuvent désormais fabriquer leurs produits dans le pays de leur choix. Pour leur part, les gouvernements et les travailleurs restent « prisonniers » des frontières de leur pays respectifs (ou de leur continent dans le cas de l’Europe).

De nos jours, les entreprises dictent leurs conditions aux travailleurs sous la menace de délocalisation en Chine, en Europe de l’Est ou dans n’importe quel pays offrant des conditions plus favorables. Les gouvernements sont maintenant en compétition les uns avec les autres pour attirer et garder les entreprises sur leur territoire. Ainsi, ils se voient obligés d’offrir de meilleures subventions et conditions pour que les entreprises acceptent de s’installer dans leur pays.

Les travailleurs également se trouvent en compétition à l’échelle planétaire. Ceux des pays développés voient leurs salaires et leurs conditions de travail s’abaisser lorsqu’ils ne perdent pas tout simplement leur emploi. En contrepartie, les travailleurs dans les pays en développement ne reçoivent qu’une fraction des salaires autrefois payés aux salariés des pays développés.