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Les inégalités au début du 20e siècle étaient comparables à celles du début des années 2000

Jusqu'en 1941 les inégalités étaient comparables à celles de 2008. Entre 1943 et 1987, les inégalités étaient significativement plus faibles.

Part des revenus des 1% les plus riches aux États-Unis entre 1913 et 2008

Avant la Grande dépression et le krach de 1929, les inégalités avaient atteint des sommets comparables à ceux qu’on retrouve de nos jours. Suite à la Grande dépression, un taux de chômage élevé s’était installé dans plusieurs pays, entraînant une grande proportion de la population vers les soupes populaires. Ce n’est qu’après plusieurs années de stagnation économique que des mesures ont été prises par les gouvernements afin de mieux répartir la richesse. Ces mesures ont permis la relance de la consommation, qui a fait repartir l’économie.

Le graphique précédent présente l’évolution des écarts de richesse aux États-Unis au cours de cent dernières années.

Le retour des fortes inégalités. Pourquoi?

De nos jours, l’idéologie qui a ramené les écarts de richesse grandissants a été appelée le «néolibéralisme». Cette manière de penser s’est développée dans nos sociétés depuis la fin des années 1970. Elle s’est implantée d’abord dans les pays anglo-saxons, avec les élections de Ronald Reagan aux États-Unis, de Brian Mulroney au Canada et de Margaret Thatcher en Grande Bretagne, tous élus vers le début des années 1980. Les effets du néolibéralisme se font maintenant sentir dans la plupart des pays de la planète.

Pourquoi le néolibéralisme est-il appelé ainsi?

C’est bien simple. Dans les années 1920, l’idéologie dominante était le «libéralisme». Le néolibéralisme n’est qu’une nouvelle variation de cette même manière de penser qui prévalait au début du 20e siècle et qui a entraîné la crise de 1929.

Le retour des inégalités expliqué par Paul Krugman en français

En 2003, un éditorial fort instructif sur ce sujet est paru dans le New York Times (en anglais). L’article a été traduit en français dans l’hebdomadaire Courrier International sous le titre de «Main basse sur l’Amérique». L’accès à l’article étant réservé aux abonnés sur le site du courriel International, vous pourrez en consulter des extraits ici et ici.

On ne peut comprendre ce qui se passe actuellement aux États-Unis sans saisir la portée, les causes et les conséquences de la très forte aggravation des inégalités qui a lieu depuis trente ans, et en particulier l’incroyable concentration des revenus et des richesses entre quelques mains. – Paul Krugman

Trois époques: Le libéralisme, l’État providence et le néo-libéralisme

Le libéralisme: 1865-1941 L’État providence: 1945-1980 Le néo-libéralisme: 1980-
Immenses écarts de revenus et de richesses Société de classes moyennes Immenses écarts de revenus et de richesses
Les riches formaient une caste des bâtisseurs de palais et des propriétaires de yachts. Ils pouvaient se permettre d’employer les armées de domestiques nécessaires à l’entretien d’une maison de la taille d’un château européen. Les familles aisées vivaient dans des maisons à deux étages, avaient une femme de ménage qui venait une fois par semaine et passaient leurs vacances d’été en Europe. Mais, comme tout le monde, ces gens mettaient leurs enfants à l’école publique et prenaient eux-mêmes le volant pour se rendre au travail. Les yachts sont de retour. Les palais aussi. Ces résidences occupent une superficie de 2000 à 6000 mètres carrés. Les plus grandes sont à peine plus petites que la Maison-Blanche.
Une société dans laquelle un petit nombre d’individus immensément fortunés contrôlaient une grande part de la richesse. La forte progression des revenus durant les trente années qui ont suivi 1945 a été largement répartie au sein de la population. Une minorité forme une oligarchie que certains appellent les «ultra-riches».
Les grands patrons gagnent environ 1000 fois le salaire moyen. Les grands patrons gagnent 39 fois le salaire moyen. Les grands patrons gagnent plus de 1000 fois le salaire moyen.
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